mercredi 30 novembre 2011

Ne citez pas le site du ministère de la Culture

Pendant longtemps des sites internet ont interdit l'établissement de liens vers leur site. Je pensais qu'en 2011, on avait abandonné cette mauvaise habitude ou mis au placard les juristes qui ne comprennent rien à Internet. Que nenni !

Le site du ministère de la Culture (l'ancien culture.gouv.fr qui s'appelle dorénavant culturecommunication.gouv.fr) indique dans ses mentions légales :
L'établissement de lien vers ce site du ministère de la Culture et de la Communication est possible sous réserve d'en informer au préalable et par écrit le ministère de la Culture et de la Communication en vous reportant à la rubrique "contact" dudit site
Je ne donne donc aucun lien vers les mentions légales, car j'ai autre chose à faire que d'aller poster une lettre avant de publier ce post.

Wikipédia aime bien le site du ministère de la Culture. Combien de liens pointent vers un site du ministère de la Culture ? Pour y répondre, je consulte le classement des 1000 sites les plus cités sur Wikipédia. Par chance, le site du Ministère est cité. Il est même en très bonne position, puisqu'il est en quatrième position derrière la médiathèque de Wikipédia, la version anglaise de Wikipédia et un serveur qui entrepose des outils destinés à améliorer Wikipédia. Hors sites de la communauté Wikimedia, le site du ministère de la Culture est donc le site le plus cité sur la Wikipédia francophone.

La Wikipédia en français contenait 64 046 liens vers le site du ministère de la Culture en mai 2011. Wikipédia est un gros utilisateur des bases de données du Ministère (Mérimée, Palissy, Mémoire...).

Va falloir embaucher au service courrier du ministère de la Culture !

4 commentaires:

  1. Faut effacer de wikipedia tous ces liens qui sont dans l'illégalité. Ou faire une PdD qui établira que ces liens sont illégaux, mais doivent quand même être conservés.
    (Je sais, c'est un commentaire facile, mais il fallait bien que quelqu'un le fasse...)

    Plus sérieusement, c'est étonnant de voir comment un ministère peut être autant à côté de la plaque : pas de liens, pas d'Internet!

    RépondreSupprimer
  2. Mon post est premièrement destiné à faire connaître le classemenent des liens sortants et souligner le nombre très élevé de liens qui pointent vers la base Mérimée du du ministère de la Culture.

    J'en ai profité pour rappeler la présence de ce genre d'aberrations dans les mentions légales. On retrouve cela sur des sites de sociétés du CAC 40 (ex : Alstom, Areva, L'Oréal, Pernod Ricard).

    Encore une fois, on interdit tout en visant 1% des cas où le lien serait utilisé pour diffamer, parasiter économiquement le site ou contourner la publicité du site. On se fiche de laisser dans une zone grise 99% des usages.

    Il en est de même avec le rejet de la liberté de panorama. On préfère fermer les yeux sur la publication illégale par les particuliers de photos du Centre Pompidou, du Viaduc de Millau ou encore de la pyramide du Louvre plutôt que de changer la loi ou au moins informer les français.

    RépondreSupprimer
  3. L'interdiction des hyperliens n'est pas une nouveauté ; pour un aperçu sommaire de ce problème, cette page est un bon début. On peut même dire que la pratique est assez courante.

    Personnellement, je pense que cette interdiction n'a pour but que de pouvoir exiger d'un site tiers d'enlever un lien qu'on estime dommageable, sans pour autant passer par une action en diffammation ou tout autre processus du même accabit. En d'autres termes, l'interdiction des hyperliens n'est rien d'autre qu'un moyen de rassurer les comités de direction. Bien sûr, cette interdiction n'a certainement aucune base véritable (et probablement aucune portée), mais comme on dit : ça ne mange pas de pain. On peut y rajouter un fantasme de contrôle total, où rien de ce qui tournerait autour d'une organisation ne serait possible sans une validation active de celle-ci.

    Si j'étais moqueur, j'ajouterais que la pratique apparait plutôt chez les institutionnels et les sociétés pour qui le web n'est pas le cœur de cible, voire même une vague nuisance dont on ne sait pas quoi faire : quand on crée un site web parce qu'on y est contraint et forcé, j'imagine qu'on a autre chose à foutre que d'essayer de l'insérer comme il faut dans la toile. Par contraste, je vois mal un pure player interdire les hyperliens.

    En creux, cette interdiction révèle certaines conceptions intéressantes de la propriété : il me semble que si on en interdit l'accès, c'est parce qu'on considère que les pages sont la propriété exclusive de l'organisation qui les crée. Elle estime donc qu'elle peut en filtrer l'accès comme elle l'entend et qu'elle a l'usage exclusif de sa diffusion. Bref, dans cette optique, une page web n'aurait rien de différent par rapport à une machine outil, un ensemble de bureaux ou une baguette de pain. En ces temps de crispation autour des droits d'auteur (et autres trucs du même genre), l'interdiction des hyperliens n'a rien d'innocent.

    RépondreSupprimer
  4. "Avant de lire le commentaire suivant, merci d'en demander l'autorisation auprès de ..." mais où va-t-on ?!

    Dans tout contrat, les clauses abusives sont à considérer comme nulles, hors l'interdiction de citer une adresse internet est à considérer comme telle.

    Les technologies d'internet permettent de créer des sites publics comme des sites privées. Si un site est public, il est ouvert à tous et chacun peut en parler autour de lui notamment en communiquant son adresse.

    Il n'y a pas bien sur pas d'autorisation à demander pour aborder un sujet public, notamment dans un cadre légal qui reconnait la liberté d'expression !

    @Poulpy: en effet l'interdiction des liens hypertextes n'a rien d'innocent et semble bien lié à la propriété intellectuelle. Ceci dit, le droit qui régit l'IP est heureusement définie par le droit national, voire international et surtout pas par des CGU aberrantes :)

    RépondreSupprimer